Présentation du projet

COMPTE RENDU - Présentation du projet aux collégiens de Notre-Dame de l'abbaye à Nantes le 7/10/2014

Jour de présentation du projet aux collégiens de Notre-Dame de l'abbaye à Nantes. Je suis accomagnée d'Augustin le directeur de l'ONG

C'est avec appréhension que j'attends l'arrivée des élèves. Bientôt, cette centaine de chaises seront toutes occupées... J'essaye de me concentrer sur les messages que je veux faire passer, sur le déroulé globale de ma présentation. Pour détendre l'atmosphère, Augustin plaisante. Un de mes anciens professeurs vient m'aider à installer le matériel en attendant.

Quelques minutes plus tard, j'entends la voix et les pas des élèves dans le couloir. Petit à petit, ils rentrent dans la salle et me saluent. Je suis heureuse de voir tous ces visages de jeunes plein de vie. L'envie de partager avec eux notre expérience prend le dessus. J'ai hâte de leur présenter ce projet que nous avons pensé pour eux.

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Je l'ai d'abord rêvé, en Inde, dans ma chambre de la guest house "le rêve bleu", comme un flash, une évidence! Ce serait une soirée où l'atmosphère indienne serait là, un morceau d'Inde importé... Des ateliers de découverte de la culture indienne, un défilé et un spectacle de danse!

J'ai courru le partager à Mélissa. Pendant plusieurs semaines, on l'a réfléchi, retravaillé, fait grandir. En France aussi, durant les mois de notre retour, ce projet a évolué, s'est nourri de notre vie ici et s'est enfin dessiné tel qu'il est aujourd'hui.

 

Il représente, avant tout, pour nous un moyen d'engager la jeunesse nantaise autour de valeurs fortes. Repenser une citoyenneté qui va même au-delà des frontières. Il est aussi un lieu d'expression de la créativité et de l'imagination de la jeunesse des quartiers sensibles surtout. C'est également un apprentissage, une formation qui pourra être une base solide pour eux, pour continuer à progresser et à imaginer de belles choses pour eux même! Beaucoup n'ose pas rêver! C'est l'occasion de leur prouver que leurs rêves peuvent devenir réalité s'ils travaillent pour, s'ils s'accrochent et persévèrent, s'ils croient en eux.

Maintenant la difficulté, c'est que tout ce cheminement, ils ne le savent pas et que ce n'est pas vraiment le moment pour leur dire. A cet instant, ce qui compte c'est ce qui les concerne, c'est leur "envoyer du rêve" comme ils disent. Alors voilà, je leur raconte d'abord ce que j'ai pu voir en Inde qui m'a impressionné (les clichés quoi!). Ensuite, je leur parler des camps avec jeunes Dalits. Je demande de l'aide à Augustin pour présenter les camps.

Il se saisit de l'instant pour une animation improvisée. Il leur parle en anglais. Vent de panique dans la salle mais leur attention est totale. Je ris car je sais qu'il parle couramment français. Il demande des interprètes, des élèves se prêtent au jeu et prennent leur rôle à coeur. Cette manière d'impliquer les jeunes est un véritable savoir-faire que j'ai pu observer dans les camps, je le revois maintenant ici. Comme en Inde, les jeunes sont réceptifs. Une fois de plus...ça marche!

Maintenant, je présente le film "Lueur", créé et joué par les enfants rencontrés dans les Summer Camps. Problème technique avec l'ordinateur, après quelques minutes, les jeunes commencent à s'impatienter. Augustin cherche alors une chanteuse dans la salle. Il va la chercher et la ramène devant. Il lui demande de chanter, peu importe quoi! Elle stresse, j'essaye de la rassurer... Elle a alors une idée. Elle commence a lancé un rythme en frappant dans ses mains et tapant sur la table. Tous les élèves reprennent instantanément le même rythme. Quelle surprise! J'en ai des frissons...


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Elle se met ensuite à chanter, d'une voix magnifique. Les sons sont claires et harmonieux! Elle joue avec sa voix et varie son timbre! Une fois de plus, j'en ai des frissons. Augustin sait faire émerger et illuminer les talents de chacun. Dans ce projet, nous devrons toujours avoir cette idée en tête.

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Nous passons alors la projection du film. Je leur demande ce qu'ils ont vu. Je leur annonce que ce film a été écrit en une heure et rejouer le lendemain avec des costumes et du maquillage. Ils sont étonnés, même bouche-bée. Je leur demande s'ils pensent pouvoir faire mieux en plus de temps. La salle répond un grand "oui"! Je leur expose alors le projet du spectacle. L'idée est de les laisser créer de A à Z le spectacle. Ils écriront l'histoire, le scénario, écriront des textes poétiques pour l'illustrer, danseront cette histoire, imagineront et créeront les décors, leurs costumes, filmeront leur travail. Enfin, ils joueront à leur tour leur création, leur spectacle!

Leur création sur la thématique du changement climatique sera la suite de celle des enfants indiens. C'est de cette manière que l'interculturalité et la solidarité prend tout son sens.

Nous distribuons les questionnaires d'inscription. Ce sont 43 jeunes que nous avons réussi à motiver! Les professeurs sont positivement surpris. L'un d'entre eux me confie d'ailleurs "C'est super! Nous les sous-estimons parfois... tu avais raison d'y croire! ". Ces mots resteront longtemps dans ma tête, ils marquent déjà le début du changement.

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Nous restons ensuite quelques minutes avec les élèves concernés. Ils posent des questions, ils sont tous enthousiastes! C'est agréable de les voir comme ça. J'ai hâte de commencer les ateliers avec eux. Nous terminons la séance par un essayage de sari. Nous nous quittons ravis. Ils reprennent le chemin des cours avec des idées plein la tête.

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Les leviers pédagogiques réutilisés dans cette séance de présentation

 - L’esprit de groupe. Le travail collectif permet de s’exprimer plus facilement car chaque enfant parle au nom de son groupe. Cela permet aussi de créer et de conserver une dynamique de groupe.

- Favoriser également l’expression individuelle en les accompagnant et les encourageant.

- La valorisation des jeunes. Après chaque intervention, il est important de féliciter le jeune. L’estime de soi, trop souvent dégradée doit être revalorisée. Quand ils osent prendre la parole et s’exprimer, ils se trouvent valorisés dans leur nouveau statut « d’enseignant ». Ils prennent conscience qu’ils sont également capable et en droit de transmettre un savoir.

- Un éveil à la conscientisation. Ils s’aperçoivent que d’autres jeunes vivent des difficultés dans le monde. Ces jeunes  envisagent des actions qui vont changer ces situations. Ils prennent conscience qu'ils en sont également capables. Ils réalisent qu’en groupe ils sont plus forts pour initier un changement.

- L’improvisation. On construit, déconstruit et reconstruit le programme avec les jeunes selon leurs savoirs et leurs envies. On prend en compte toutes les propositions.

- La variation des supports. On passe des activités d'expression orale et corporelle à une écoute, puis à un support vidéo. Chacun peut y trouver son compte en valorisant ce qu’il sait et aime faire.

- L’engagement. Avant de partir, on prend des résolutions. On part en s'inscrivant officiellement sur un atelier par papier.